Sacrip'Anne

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mercredi 16 mai 2012

Synchronisation

Hier, retour, un petit quart d'heure avant "mon heure".

Sortie d'autoroute, feu rouge, le long qui dure. Mais ouf. Presque arrivée.

Une voiture qui passe. Une bleue. Foncé, le bleu. Un capot de guingois. Une plaque du département d'à côté. Un grand blond chevelu au volant, un siège enfant à l'arrière.

Mon cœur qui l'a reconnu avant mes yeux s'emplit et accélère et me crie : Hiiii ! On arrive ensemble !!!

Le temps qu'il me pique la place dans la rue, que j'aille me garer un parking, d'une emplette pour lui, d'aller chercher Cro-Mi au centre, nous voici quatre, à la maison.

Et malgré le dos qui grince, la fatigue, les tout petits trucs en vrac, le bonheur de ces emplois du temps, pour une fois, concordants.

Savourage.

lundi 14 mai 2012

Voix d'outre tombe

L'autre soir, je parlais avec ma tante au téléphone, et entre le décalage horaire, les soucis de sa maison parisienne, et puis peut-être que je l'ai sortie de la sieste, elle avait la voix un peu voilée, un peu enrouée.

Et ça m'a fait tout bizarre, parce qu'à deux ou trois moments, avec le phrasé et les mots, on aurait cru ma grand-mère.

A cela rien de très anormal, ma grand-mère était sa mère.

Mais ça m'a fait un truc qui m'a fait des trucs bizarres dans le creux du ventre, que d'entendre quelques nano secondes "cette" voix (qui a mobilisé tant de temps au téléphone, il faut bien le dire), même si je savais que ce n'était pas "sa" voix.

Rememberance of things past et toutes ces sortes de choses.

mercredi 9 mai 2012

Lost in time

Avec les jours fériés, les ponts, les pas ponts, je m'emmêle un peu et il faut que je réfléchisse pour savoir "quel jour on est" (déjà que d'habitude, j'ai le jour de la semaine, mais pas forcément la date...).

Les jours non travaillés passent trop vite, quoi qu'il en soit, et ceux de labeur trop lentement, sauf les soirées.

Et puis l'Enchanteur et son emploi du temps de ouf qui fait que les heures éveillées ensemble sont comptées.

Mais, dans quelques jours, nous deux dans un train, quatre heure et demi de tête-à-tête dans chaque sens, ma Méditerranée, les parents entre les deux.

Miam.

Je compte les heures et me réjouis d'avance.

lundi 7 mai 2012

6 mai 2012

Patchwork de sensations depuis hier.

Une angoisse énorme, la boule au ventre. Et si "l'autre" repassait ?

Les nouvelles tombent au fur et à mesure de la journée. Ca semble être bon.

D'heure en heure ça semble plus solide. La respiration se fait plus large.

L'annonce officielle. Concert de casseroles ravies dans les tours du 13è arrondissement parisien. Nous, pas surpris, pas débordants de liesse, mais quand même, soulagés. On guette à l'est pour moquer l'absence d'arrivée de chars.

Et puis la convivialité, les amis, les bonnes crêpes, le vin aux châtaignes, les rires.

Retour pas très tardif, les gens bourrés au volant, de joie ou de dépit. Tension.

Calme plat dans notre banlieue populaire. La liesse du même nom n'a pas dû gagner, ou alors ils sont tous déjà couchés, ou à la Bastoche. En tout cas tout roupille, Cro-Mignonne incluse.

Nous on zappe un peu, effarés par l'image unique de motards derrière une voiture (y en a qui ont crashé au pont de l'Alma pour moins que ça), en attendant les mots parisiens du nouveau président.

Du soulagement. La sensation que la Marseillaise ne sonne pas pareil selon qui la chante. Le bonheur d'être à deux pour vivre ce moment ensemble, étrenner le quinquennat tous les deux.

L'idée, aussi, qu'il y a des gens pour être dans le même état d'abattement que nous il y a 5 ans. Leur souhaiter d'être moins abimés que nous le sommes au bout de 5 ans.

Espérer un peu de moins pire donc.

(D'ailleurs ça a commencé, grâce aux chars russes, la route était très dégagée ce matin, c'était très agréable de se rendre au travail à cette vitesse, bien que la tête dans le fondement !)

jeudi 3 mai 2012

Jolie petite personne

Hier soir, après le centre, je disais à Cro-Mignonne que j'avais enfin pu parler à la maman du chef de bande des mini malfrats, qu'elle avait entendu ce que je lui avais dit de son fils.

Cro-Mignonne me répond : '' "Tu sais, à propos, l'autre jour, A. [1] est tombé et les autres se moquaient en disant que c'était bien fait pour lui"''

Pause de 5 secondes pendant laquelle je préparais le sermon puis elle reprend d'elle-même :

"Je leur ai dit que ça n'était pas bien de dire ça, qu'on ne devait pas souhaiter que les gens aient mal".

Emotion. Je lui ai expliqué pourquoi j'avais la larme à l'oeil et si fière de l'entendre tenir pareil discours. Qu'il y avait bien des adultes pour n'être pas capables de ce qu'elle venait de faire, de dire.

Elle m'impressionne, ma fille.

Note

[1] l'affreux jojo en question

mercredi 2 mai 2012

T'as voulu voir Vierzon

Finalement, des tracas et des rires, il n'y a rien que de très banal qui s'appelle la vie.

Quand je dis "finalement", c'est pure tournure de style pour attaquer ce billet, car il n'y a pas là aboutissement abrupt d'années de réflexions, mais bien quelque chose dont je suis intimement persuadée depuis longtemps.

Ce qui m'amuse, de longue date, c'est de repérer dans tout ce "la vie" les petites aspérités qui mettent un goût particulier aux journées.

Des riens minuscules qui font qu'on se rappelle ce jour-là qui n'a pourtant rien de fondamentalement différent de sa veille ou de son lendemain.

Ainsi, hier, à une heure à laquelle nous aurions dû dormir depuis longtemps étant donné l'état de fatigue de l'un et l'heure de réveil de l'autre, fous rires répétés sur un petit rien qui ne pouvait faire rire que nous et qu'en raison des circonstances précises qui l'ont amené dans le bavardage.

Mais qui restera, sans doute, longtemps gravé comme sujet de private joke à déclenchement de rires immédiats et de "tu te souviens du jour où on a tant ri à cause de Vierzon".

(Oui je sais, ça paraît étrange, et c'est, forcément, irracontable).

(Il se trouve que je me tords de rire dès que j'entends le nom Vierzon).

(D'ailleurs je vous prends à témoin : j'ai une théorie selon laquelle Vierzon est l'abréviation-code pour "Viens boire un verre à la maison, histoire que ces messieurs aillent, l'air de rien, s'en jeter un derrière la cravate qu'ils ne portaient pas à l'époque sans encourir l'oeil réprobateur, voir castrateur, de leurs épouses. Après de longues recherches de trois minutes hier soir, je suis en mesure de vous informer que Wikipédia ne dément pas, tout porte, donc, à croire que j'ai raison :p)

(Oui je sais, folle à lier, toussa)

vendredi 27 avril 2012

Les joyeusetés des lieux d'aisance

Je ne sais pas (plus) si c'est le cas de toutes les entreprises, mais chez nous, les lieux d'aisance font l'objet d'un véritable sujet de conversation.

Il faut dire, en open space, avec des chiottes bien placés, il y a matière à fournir des observations.

Tenez, mon étage, par exemple. Il a une forme d'éclair, un peu, mon étage.

Et alors que les cagoinsses hommes sont à chaque bout du couloir qui forme le "centre" de l'éclair, pour les femmes, c'est à chaque extrémité.

Cette configuration donne, du coup, lieu à d'étranges manèges.

Il y a trois représentantes féminines du territoire étranger "de l'autre côté de la porte battante" qui, au lieu de fréquenter les gogues de leur zone, viennent de notre côté (soit bien plus loin de leur bureau), afin que leur collègues ne les voient pas aller aux toilettes.

Que nous autres les voyons et n’ayons aucun doute sur leur nature de notre passage les gêne moins, curieusement.

Un jour en pénétrant moi-même dans le temple sacré de la pause pipi, j'ai entendu une bribe de conversations de deux d'entre elle évoquant l'embarras qu'elles auraient qu'on les voit, de leur côté, entrer aux cabinets. Le fait qu'il n'y ait rien, de notre côté, qui justifie le déplacement hors, précisément, le lieu de leur visite, et que donc leur absence prolongée et leur départ vers chez nous ne laisse aucun doute ne semble pas les émouvoir.

Il faut croire, qui plus est, qu'elles s'y livrent à des activités plus honteuses que le commun des mortels qui a, lui, pour principale préoccupation, de se déplacer le moins possible pour "y" aller !!!!

Ceci dit, je m'amuse des codes implicites qui régissent le partage des toilettes en communauté : ne pas entrer dans une cabine fraichement laissée libre, laisser la porte grande ouverte qu'on ait produit des choses odorantes ou pas...

Toute une série de lois non écrites qui feraient les délices d'un sociologue spécialisé dans le sujet !!

mercredi 25 avril 2012

Ecume des jours

Ca fait quelques semaines maintenant que la vie est un peu agitée. Pas du tout de la même façon qu'il y a deux ans ou presque, et sans doute plus bouleversante encore.

Les jours ont donc été montées de stress, attente, tension permanente. Instinct de fille inquiète pour ses parents, instinct de mère louve qui protège sa fille. Les soucis bêtement matériels ont pris encore plus de place au baromètre de l'agacement. Et ils n'ont pas manqué de se multiplier, les soucis bêtement matériels, faites-leur confiance pour vous montrer qu'ils sont là au moment où vous en avez le moins besoin.

Pour autant, ce qui reste de ces jours, l'écume qui se dépose, elle, est plutôt douce et jolie.

Écume aux couleurs anciennes des liens familiaux si étroits, qu'on sent présents quand ça va mal. Écume des rires de Cro-Mignonne, du Lutin Facétieux, de leurs pétillements intenses et enfantins, de leurs grandes théories sur le monde ou sur le jeu en cours.

Écume de la présence d'un Enchanteur si proche, si présent, que les caps compliqués s'en sont trouvés, un peu, aplanis. Et pour franchir ce qui restait, un main, une épaule, solides, empathiques. C'était tellement moins pire avec lui...

Je me retourne et je vois autant de ces jolies écumes que de tensions qui commencent à peine à s'évacuer.

Sans doute, dans quelques semaines, il restera, surtout, l'empreinte des écumes.

lundi 23 avril 2012

En bref

Amusement répété ces derniers jours à voir que devant l'école de Cro-Mi / double bureau de vote, aucune affiche plus à droite que celle de l'extrême-centriste béarnais n'arrivaient à tenir sur les panneaux d'affichage.

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Papa mieux, de jour en jour.

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Panne de voiture qui m'a coûté un jour de boulot, vendredi, journée passée pour l'essentiel dans le parking avec mon gentil garagiste venu voir ce qu'il pouvait faire. Marre, un peu.

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Dimanche volé au planning des représentations. Un devoir civique rempli à la sueur de nos pieds, si j'ose dire, mais quand même, malgré les galères, le plaisir d'être nous deux, sans aucun des deux qui doit aller travailler. C'est si rare, c'est précieux. Belle journée malgré tout.

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Non je ne pense pas qu'il y ait près de 20% de fachos en France. Et qu'avant de faire des analyses lapidaires de café du commerce, il faut analyser, contextualiser, et constater que la dame a fait une campagne habile dans sa ligne habituelle : dédiaboliser. Elle a convaincu des gens qui n'auraient jamais voté pour son père qu'elle était moins pire. Parmi ces gens, de tout. Des odieux racistes à des monsieur et madame tout le monde qui ont pensé que c'était un vote de premier tour possible.

Après tout, y a bien des gens qui ont promis le retour des goulags à ceux qui annonçaient le vote Mélenchon, et bien comme réaction, ce n'est pas plus con (ni plus intelligent).

Quoi qu'il en soit pour moi la ligne est claire : mettre fin à l'ère qui vient d'occuper nos cinq dernières années. Et puis les législatives pour que l'Assemblée ne soit pas qu'un vague process d'entérination de décisions déjà prises. Qu'on gouverne comme nous, électeurs, le souhaitons, et pas comme ils ont décidé pour nous, pour reprendre la conclusion du Super Rebelle Alévèque.

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Plus que 5 jours et c'est un we de 4. Yeah yeah yeah.

mercredi 18 avril 2012

Un peu plus de légereté

Les nouvelles sont, pour ceux qui ne les ont pas lues hier soir, bonnes, et au lieu de foncer droit dans la catastrophe, mon papa est équipé pour repartir d'un pied alerte et maugréer sur le monde qui tourne de travers.

C'est curieux comme on ne sent jamais autant la tension qu'une fois qu'elle commence à se dissiper. Je respire plus large, je ris plus sonore, il me semble.

La voix de maman est mieux timbrée dans le téléphone aussi, et les sons sont enrichis de notes joyeuses.

Alors soufflons, respirons, rions, vivons, tout ça, puisque ça nous est offert.

Youpi.

lundi 16 avril 2012

Des plaies

De la plomberie en vue.

Demain matin, à l'heure où l'aube blanchit la campagne, ça sera le moment de faire des réparations sur le cœur de mon papa.

Rien à faire, rien à dire, que de laisser les heures passer et ne pas laisser l'inquiétude tout dévorer. Se concentrer, sur les prochaines bêtises qu'on va se raconter, par exemple.

Et puis des plaies à refermer, à cicatriser, et la suite de la vie à vivre.

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Plaie d'argent n'est pas mortelle, disait ma grand-mère, à qui cette phrase ne coûtait rien puisqu'elle n'était pas dans le besoin et que sa radinerie lui évitait de dépenser inconsidérément.

C'est ce que je ronchonnais ce week-end sur mon pc.

Il faut dire : c'est un héros, un survivant. Il a connu ma première installation de Dotclear, en 2004, et il a à peine gagné un peu de mémoire depuis.

Autant dire que c'est un vieux machin lent et cacochyme, mais que je faisais durer tant que possible.

Force est de constater que, ne pouvant plus communiquer avec l'imprimante, et multipliant quand je tente d'y faire quelque chose les BSOD, ses dernières heures sont proches.

Or, entre quelques réparations d'usure sur la voiture, augmentation notable de mon assurance et charges de l'appart qui pètent les plombs, je ne les ai pas, ces quelques euros qu'il me faudrait pour y remédier.

Patience, me dis-je. Les séances de tripatouille des photos, de futurs blougs et autres joyeusetés auxquelles ni mon pc du bureau ni l'eeepc ne peuvent pourvoir ne sont pas SI urgentes.

Mais ça m'agace.

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Alors je me dis que quand même, je préfère que ça soit mon papa qui soit réparable et pas le pc que l'inverse.

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Edit du 17 avril 17h05 : merci à tous de vos mots, tout s'est bien passé, il est sorti du bloc (c'est déjà une bonne nouvelle !!!)

(Je parle de papa, pas du pc, hein !)

vendredi 13 avril 2012

Des projets

Il y a l'annexe à ouvrir, qui attendra que le chef déco ait fini la période professionnelle tumultueuse qui démarre pour lui, et puis le déménagement du vieux ne serait-ce que pour le plaisir de retrouver quelques billets mythiques dans ma blogographie (vous ai-je dit, à propos, que le nouveau chef de l'étage possède un magnifique Rolodex ??!!).

Il y a un énième billet qui parle d'abattants de cuvette de chiottes à écrire (enfin non, qui ne parle pas de l'abattant, d'ailleurs, mais on reste dans la zone).

Il y a j'espère des photos à venir.

Quelque chose du genre 8 ans et demi de bloug et encore des projets...

(Contente).

mercredi 11 avril 2012

Elle

Elle n'a pas peur d'aller à l'école.

Elle a beaucoup d'humour, et même de second degré.

Elle est maline et futée et intelligente.

Elle sait des tas de choses dont des que j'ignore, y compris sur la reproduction des escargots.

Elle veut être maîtresse jardinière quand elle sera grande.

Elle a un rire pour lequel je pourrais me damner.

Elle a les plus belles petites fesses du monde entier.

Elle aime intensément.

Elle déteste pareil.

Elle a un vocabulaire qui me ravit.

Elle est parfois très casse-pieds.

Elle marche à 2 à l'heure le matin, à 200 le soir.

Elle aime son "jumeau" et le lui montre en faisant preuve d'une autorité à son sujet qu'elle réserve à ses préférés.

Elle est courageuse.

Elle dit que quand elle sera grande, elle vivra dans le pays où vont tous les Eurasiens (pourvu que ça ne soit pas trop loin !).

Elle pourrait se nourrir de pâtes, de pizza, de quenelles, d'un peu de fromage et de chocolat.

Plus drama queen qu'elle tu meurs.

Elle est tendre.

Elle est gentille.

Elle me dit "je t'aime" cent fois par jour et moi aussi.

Elle sent bon. L'enfant, le chocolat, la vanille, un peu le bébé au creux du cou, parfois.

Elle aime bien mon Enchanteur.

Elle a des avis sur à peu près tout.

Elle parle tout le temps.

Sauf quand elle dort (et encore).

Elle sait toucher son nez avec sa langue et ça m'épate.

Je l'aime immensément... et même plus que ça.

Cro-Mignonne

(En avant prems la photo qui concourra au Chic ! Des clics ! d'avril, bande de petit veinards)

mardi 10 avril 2012

Le monde réel...

Je ronchonnais vivement contre les matins chagrins de Cro-Mignonne la semaine dernière.

J'avais bien soupçonné la manœuvre pour attirer l'attention sur quelque chose qui n'avait rien à voir avec l'heure de se lever ou la vitesse d'absorption de sa tartine, et bêtement, je pensais plus aux changements autour d'elle, dans sa sphère familiale.

Le ton est monté, un peu, beaucoup. Je lui ai reproché de faire des promesses pour acheter la réconciliation et de ne pas les tenir.

Ce n'était pas tout à fait ça. Elle faisait des promesses parce qu'elle voulait vraiment pouvoir les tenir. Oui mais voilà. C'était plus grand qu'elle.

Cro-Mignonne s'est fait taper dessus, à l'école. Apparemment il y a cette bande de garçons qui l'enquiquinent, régulièrement. Et là, au début de la semaine dernière, c'est passé à de la violence physique. Organisée de façon telle qu'on se demande ce que ces enfants ont eu à voir comme spectacle...

De deux bleus elle m'avait dit qu'elle les avait faits en tombant. Et elle n'a pas osé dire, pas osé demander de l'aide. Elle qui a été si peu confrontée à la violence physique, je l'imagine fort bien ne pas comprendre ce qui lui arrivait, attendre que ça s'arrête.

Alors c'est sorti, finalement.

Vendredi matin c'était encore la marche à reculons, elle avait peur, sans doute, que je n'ai pas assez "accusé réception" de ses mots. On a parlé du fait que quand on sait qu'on ne pourra pas les tenir, on ne fait pas de promesses. Et que je pouvais être fâchée contre un morceau de son comportement, mais de son côté quand même, prête à la défendre, toujours, à l'aider à se défendre...

Vendredi matin j'ai parlé au directeur du centre de loisirs, qui est tombé des nues. Qui a fait le job, pendant la journée, de recouper, sanctionner. Au moins l'une des maîtresses concernées a suivi.

Tout le monde a assuré Cro-Mignonne de son soutien, elle a vu sous ses yeux les adultes prendre en compte, avec gravité, ce qui lui était arrivé.

Vendredi, je suis partie plus tôt pour venir la chercher dès la sortie des classes. Sans l'avoir prévenue. Pour marquer le coup, pour me montrer, pour vérifier ce qui s'était passé. Pour lui faire plaisir et lui dire en actes que j'étais là.

Vendredi soir son père est venu la voir, ils ont parlé.

Elle va mieux. Elle verbalise. Elle rit. Elle disait, ce matin, se sentir contente d'aller à l'école. Ne pas savoir comment ça se passerait, mais savoir quoi faire si ça devait recommencer (et j'espère bien que non). Elle a l'air d'aller bien, même.

Et moi tripes nouées, cauchemardeuse de ce qu'elle a subi. De ma colère en plus de ce qu'elle endurait.

Et elle, si petite et déjà confrontée à des bribes odieuses de la réalité du monde dans son ensemble...

vendredi 6 avril 2012

Un peu comme dans Mary Poppins

Au détour d'une promenade parisienne.

L'homme allongé, la craie à la main.

L’œuvre.

Déclics synchronisés.

"Ca ne te rappelle pas Mary Poppins, et si on sautait dans le tableau ?"

Je me dis in petto qu'on se ferait bien engueuler par l'artiste qui aurait ses raisons, et qu'en plus on atterrirait dans les narines du personnage, mieux vaut attendre le prochain crayonneur.

Peut-être qu'il aura dessiné le bonheur, sous forme de bord de mer ou de jeux d'enfants ? Un endroit où prendre par la main les gens qu'on aime et sauter ensemble, se mettre à l'abri du mauvais du monde...

Craie

jeudi 5 avril 2012

Un peu de beaucoup de fatigue

Accumulations, ces temps-ci.

Souffle retenu autour d'un cœur bientôt retapé, on le souhaite.

Boulot qui merde, enfin qui merde, qui n'offre plus le réconfort de venir travailler dans une ambiance avec un peu de "plus". Du coup, les journées sont longues, pesantes.

Cro-Mignonne qui fait chier, un peu. J'imagine que c'est aussi de sentir les choses bouger un peu autour d'elles qui lui donne besoin de vérifier où sont les limites. Mais les limites sont facilement atteintes... Et ce matin je suis partie très fâchée contre elle, elle, indifférente. Minage de plus pour les heures à venir.

Alors je m'accroche à mes petites pensées : papa va au mieux vu les circonstances, maman avait une belle voix de qui ne semble pas aller trop mal au téléphone, mon Enchanteur est là, si présent et attentionné dans mes fragilités du moment, si prompt à chercher comment me faire du bien. Les copains, les rires, les projets. Ce CV qu'on me dit être bien. Un week-end au soleil près des parents qui s'approche. Un week-end de trois jours, l'espoir de souffler un peu.

Tout pour essayer de ne pas, à la moindre toute petite peccadille, déborder de l’œil et des nerfs.

Vivement que les choses se posent, qu'on se repose...

mercredi 4 avril 2012

Doser

Ces jours de bureau ci, tout est dans le dosage.

De la prise de recul, de la prise de conscience. Du déplaçage d’œufs dans d'autres paniers. De paris sur l'avenir.

De courtoisie polie mais pas hypocrite mais pas plus que de la courtoisie.

J'avais tellement pas besoin de ça...

Ou bien si.

J'avais besoin de ça pour me coller un coup de pied magistral aux fesses.

Et prendre les gentillesses et la gratitude d'hier de ceux pour qui on travaille comme carburant pour tenir jusqu'à renouvellement de la situation.

C'est ça. Faisons cela.

Seulement mercredi, donc.

lundi 2 avril 2012

3,27 km

Hier il faisait beau à Paris et c'était tant pis, puisque Franck Paul appelle de ses vœux une balade photos délugesque.

Alors on s'est fait violence et on est quand même partis se promener.

Et il n'y avait aucun doute, c'était le printemps.

Il y avait des empilements de ponts...

Empilement de ponts

... des pauses sandwiches qui ont précédé des pauses gaufre...

Pause sandwich

... des rameaux verdoyants pour les Rameaux...

Printemps aux Rameaux

... un crayonneur Poppinsesque...

Craies à la Mary Poppins

... un cadenas qui ne sert à rien (??)...

Cadenas

... et le signe indubitable que même sur la plus petite place de Paris, c'est le printemps...

Printemps place Dauphine

Ah ! Et j'ai oublié de parler de la bonne compagnie pour le goûter !

Photo

Je ne sais pas combien de photos ont été prises en tout au cours de ces 3,27 kms et quelques (on a pas eu le chiffre cumulé après la pause), mais ça a fait du bien au rose du nez et aux soucis.

Alors merci les coupaings pour la promenade et tout le reste.

(Un peu plus de la promenade ici)

jeudi 29 mars 2012

Les niveaux sont bas

Oh lala, la réserve d'empathie et de capacité d'écoute est bien basse, ces temps-ci.

Il faut dire, y a de l'énergie en masse qui est mobilisée en permanence vers un bout du Sud. Où on pratique par ailleurs un drôle d'humour, je trouve. Curieux que de dire à un néo cardiaque que oui oui, on va l'opérer, dans les 15 jours, mais quand ?

Alors on pense à celui qui n'a pas de date sur laquelle accrocher ni ses angoisses, ni le démarrage de la suite, forcément.

C'est dur d'être si loin, certains jours.

Et puis je garde ce que je peux du reste pour les ultra proches.

Ce qui fait que clairement, quand on est pas dans les proches, c'est pas un moment où il faut trop me chercher, ça mord vite et fort. Non mais.

Heureusement le printemps. Heureusement l'arrondi velouté des joues de ma fille, son rire qui finit étranglé dans la gorge quand je la chatouille. Heureusement l'incroyable regard de mon Enchanteur, ses bras, ses tendresses, ses rires.

Contraste permanent qu'est la vie.

mardi 27 mars 2012

Pollens

C'est, indubitablement, le printemps à Paris.

Qui dit printemps dit, habituellement, rhume des foins et crises d'asthme pour la mistinguette jolie qui me tient lieu de fille.

Sauf que cette année, rien n'a démarré dès le plus doux de fin février.

Ni même après.

Et si, vaguement, elle a le nez qui goutte au réveil, rien à voir avec la tête de boxer qu'elle arbore généralement au printemps si on ne la médicamente pas.

Alors au début, je n'ai rien dit, pour ne pas attirer l'attention.

Et puis hier matin il y avait petite, toute petite alerte, alors on s'est dit qu'on s'en occuperait le soir.

Le soir tout allait bien. On s'est demandé si on prenait les médicaments ou si on attendait.

"On attend", me dit Cro-Mi.

Alors nous voilà campées sur nos pieds au milieu des vagues de pollens successives. A voir passer les unes, puis les autres. En espérant gagner du temps sur la tête de boxer, et sur les crises d'asthme.

Et pourquoi pas, rêvons-nous un peu, un petit organisme qui se défendrait mieux ?

On verra. En attendant, déjà un mois de gagné sur les médicaments.

Cro-Mignonne et les fouilles archéologiques

(Et pourtant, sur le lieu de ce chantier de fouilles archéologiques où l'on cherche des fossiles de dinosaures et qui fut longuement utilisé ce week-end, les arbres pullulent, les graminés graminent, les pollens pollènent et toutes ces sortes de choses !)

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